L'atelier Du Peintre : « C’est Le Monde Qui Vient Se Faire Peindre Chez Moi »
Peinte en 1855 par Gustave Courbet (1819-1877), l’Atelier du peintre est une huile sur toile de grandes dimensions selon les critères de son époque, mesurant 3,6 mètres de hauteur et près de 6 mètres de longueur. Ce tableau a fait couler beaucoup d’encre …pourquoi donc ? Peut être parce qu’il a été peint par Courbet dont les tableaux étaient une polémique ?ou bien c’est son sujet dit moderne annonçant la naissance du réalisme ?
Du coup qu’on aperçoit la toile, elle s’avère si simple toutefois elle cache derrière elle une profonde connotation : Chaque personnage est le portrait d’une personne réelle, mais également l’allégorie d’une idée du peintre .Par exemple, Charles Baudelaire y représente la poésie. De même, chacun des objets que l’on y retrouve comprend sa symbolique.
Au milieu de la toile, apparaissant dans une pose orgueilleuse, l’artiste est en train de peindre un paysage. il est assis sur une chaise. Il porte un pantalon à carreaux et un veston à col rayé. Courbet, dans cette composition joue donc le rôle de médiateur, de régulateur. À ses pieds se trouve un chat blanc et devant la toile, un petit berger. À droite du peintre se trouve une femme nue, elle est de profil et est coiffée d’un chignon ; elle retient avec ses deux mains une grande draperie qui traîne sur le sol ; ses habits sont jetés négligemment sur un tabouret. À gauche, on trouve le peuple, la misère, la pauvreté, la richesse, les exploités, les exploiteurs, les gens qui vivent de la mort. À droite du tableau, les défenseurs du Réalisme : au premier plan, Charles Baudelaire, lisant assis sur une table ; il symbolise la poésie. À ses côtés un couple bourgeois visitant l’atelier, ce sont donc des amateurs mondains, à leurs pieds leur enfant qui lit, c’est l’enfance studieuse. Au milieu du groupe un couple s'embrasse pour figurer l’amour libre. Champfleury, l'ami du peintre, se trouve sur un tabouret et représente la prose, son domaine artistique. Dans le fond, Proudhon, avec ses fines lunettes, pour la philosophie sociale, Promayet pour la musique, Max Buchon pour la poésie réaliste, Urbain Cuenot, un ami intime de Courbet, et enfin, Alfred Bruyas , le mécène de Montpellier.
Il est à noter que les couleurs dominantes sont l’or et le marron et que la lumière vient de droite par une fenêtre : elle éclaire donc les « bons » et le dos du modèle ; cette lumière est assez diffuse et prend une coloration jaune. Cependant le tableau reste assez sombre.
En guise de conclusion, on peut dire que « L’Atelier de peintre » a une forte valeur emblématique, c’est une œuvre moderne et révolutionnaire, c’est la manière dont courbet voit la société dans ses intérêts et ses passions... Le but du réalisme est donc de faire entrer dans l’art toutes les catégories sociales.
A visionner sur le site de l'académie de Montpellier, un documentaire sur Courbet,l'atelier du peintre, de Hervé Pernot (réalisateur Thierry Imbert, La Cinquième/CNDP, 1997)
source : http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/dossier-courbet/courbet-sexprime.html